La véloscénie en 6j aller-retour… 870 km et la magie du Mont St Michel! 😻

Bien que les villes aient accéléré la modification de leurs infrastructures afin d’accueillir de plus en plus de vélotaffeurs ou même d’habitants ne se déplaçant qu’à bicyclette (ou apparenté), un autre chantier continue de se déployer en France et hors de ses frontières, celui des itinéraires à vélo. Il y-a la véloscénie mais pas que… La Loire à vélo, la Vélomaritime ou la route des Grandes Alpes pour ne citer que les plus connues.

J’avais coché la véloscénie sur ma to-do liste l’an passé mais faute de temps, j’avais du reporter à cette année avec pour défi de la faire avec au moins un pote cyclo mais surtout en version aller-retour en un minimum de temps (le guide propose de faire l’aller en 15j avec ses enfants… Certes attirant sur le papier mais complexe à mettre en oeuvre en terme d’acheminement de bagages et de résa pour dormir si toutefois comme moi on souhaite avoir son petit confort le soir et pas sa tente à transporter…)

C’est donc sur l’une des semaines du mois de mai que j’ai jeté mon dévolu (autant en profiter cette année avec tous ces ponts) et ai profité que ma maison de campagne soit sur l’une des villes étapes du parcours (Nogent-Le-Rotrou) pour effectuer un découpage relativement équilibré avec une nuit « tout confort » avant et après de gros morceaux, i.e jour 1 (Paris-Nogent-Le-Rotrou) et jour 6 (Nogent-Le-Rotrou-Paris) avec 190 et 170km pour ces 2 principales étapes.

C’est donc par un matin frais (mais sec, la météo ayant été atroce la semaine précédente) que je m’élance de mon domicile parisien pour aller récupérer mon compagnon de route qui habite Clamart (le km 0 se trouve à Notre Dame pour info…) Connaissant les routes de la vallée de Chevreuse par coeur (15 années passées à les parcourir avec l’AS Meudon), nous avons décidé de ne pas suivre le vrai parcours jusqu’à Rambouillet et aller au plus direct car cette première étape affiche tout de même 190km sur le papier… Grosse sortie, moi qui depuis le début d’année n’a fait que courir pour préparer le marathon de Paris du 2 avril et faisais au max 90km de vélotaff par semaine… Là j’allais faire du x6 d’un coup avec un final dans le Perche vallonné.

C’est donc un départ comme au temps des sorties club avec pause pipi près de la stèle Anquetil qui ouvre les hostilités puis de belles routes quoique un poil trop fréquentées par les voitures à l’approche de Rambouillet sur les coups de 11h du matin.

Arrêt ensuite prolongé au château de Rambouillet et son magnifique parc; pour nous le km 0 puisqu’ensuite les routes nous sont moins voire pas connues du tout.

Nous suivons donc enfin le fléchage au petits oignons mis en place à l’aide de vrais panneaux métalliques de signalisation quand il n’y a pas un vélo peint carrément sur la route… Quasi impossible de rater son chemin (possible de télécharger également la trace gxp sur le site dédié https://www.veloscenie.com ).

Un premier chemin blanc (suivant le passage dans le parc) même sec peut être délicat pour ceux roulant encore sur du 23 de section mais il est court; rien à voir avec la section de 64km qui démarre du Perche pour la seconde étape.

Le premier gros spot du parcours est Chartres avec sa magnifique cathédrale qui domine de son sommet les alentours et surtout la Beauce à venir. Une belle pause touristique et une pause pâtisserie bienvenue. On va avoir besoin de sucre pour se farcir le « désert » de la Beauce, au milieu des champs balayés par un vent de Nord-est qui ne va pas nous quitter du périple; par défavorable mais pas non plus dans le dos quand on voit que le parcours prend des détours sous forme de sillons nord-sud.

On n’est pas trop de 2 pour se motiver et prendre des relais. Les heures défilent mais la chaleur devient de plus en plus présente, le ciel gris ayant disparu depuis le milieu de la journée et malgré les ravitos liquides effectués, l’approche dans le Perche s’effectue à vide de bidons… Nous devons notre salut à un habitant bricolant sur les bords de notre route empruntés et qui nous refait le plein de liquide. Nous arrivons sur Illiers-Combray, où il est possible de visiter la maison de Proust.

Même si les écuries sont proches, nous avons un bon 40km encore à parcourir et pas les plus simples, Perche oblige. Mais connaissant les routes depuis maintenant 3 ans, je sens un regain de forme malgré les cuisses qui commencent à chauffer et la nuque raide (le CAAD 3 d’il y-a 20ans était déjà raide, n’est-ce pas Mario…?)

En tout cas les lumières et surtout la perspective d’une bonne bière en terrasse nous booste pour terminer cette journée qui sera la plus longue pour moi sur la globalité du voyage (190km et 1300D pour démarrer!)

Après une sortie vélo difficile, il est de coutume de dire qu’il y-a 3 moments délicieux après l’effort; la première bière, la douche et le plat de pâtes pour recharger les glucides (et une seconde bière pour les gourmands comme moi…)

La nuit fut finalement courte car l’on a pris une ultime bière au coin du feu; mon pote s’est carrément endormi devant le foyer c’est dire…

La seconde étape étant encore conséquente (env 150 km), on ne veut pas trainer en cette matinée grise mais au fond de l’air plus agréable que la veille. La particularité de cette étape est qu’elle se court dans le parc du Perche mais surtout sur la voie verte suite au recyclage de la voie ferrée qui permettait jadis d’atteindre la Normandie quand le maillage SNCF était dense sur tout le territoire. Un tronçon long de plus de 60 km permet à partir de Rémalard de rejoindre ensuite la ville d’Alançon sans avoir à partager sa route avec les voitures, tout au plus quelques randonneurs.

Il n’y a certes pas de bitume mais un chemin de terre façon chemin blanc de Touraine.

Je décide pour cette portion et donc jusqu’à mon retour sur Nogent de changer de vélo et de prendre mon vélo de Gravel en bambou chaussé en pneus de 35mm. Outre le confort de sa selle Brooks en cuir, je gagnerai en sécurité par rapport aux possibles crevaisons que l’on peut subir sur ce genre de chemin.

Moins d’une 10aine de km sont nécessaires pour nous permettre de rejoindre l’ancienne gare transformée en restaurant gastronomique, le bien nommé « En gare »; nous nous arrêtons pour regarder la carte alléchante et je me promets d’y retourner pour y dîner (il est lundi et ce dernier n’est pas ouvert ne serait-ce que pour y entrer prendre un café).

Démarrage donc sur cette voie verte pour attendre Mortagne-au-Perche, qui sera notre étape casse-croute; nous roulons en mode décrassage donc à allure moyenne et profitons de cette voie entourée d’arbres pour observer la nature riche et verte en ce milieu de mois de mai et emprunte la vallée de la rivière l’Huisne, que nous remontons à contre-courant, cette même rivière qui coule en contre-bas de ma maison. Pas encore de dénivelé donc avant d’atteindre le promontoire de Mortagne-au-Perche mais toujours un vent omniprésent qui souffle depuis le début du mois de mai.

Bientôt sonne midi et nous grimpons donc pour atteindre le centre ville de Mortagne-au-Perche, devenu une belle ville peuplée d’anciens parisiens attirés par la verdure. Mais un lundi, impossible de trouver des restaurants ouverts; nous nous rabattons donc vers une délicieuse boulangerie et décidons de déjeuner au pied d’un édifice historique.

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