Freinage disque…

ça y-est, le frein à disque n’est pas qu’une praaique réservée à la pratique du vélo de sous bois mais elle s’est propagée dans nos catalogues de vélo route, clm et de triathlon…

Certains gros fabricants américains ont même retiré les modèles à patins de leur sponsoring… Le pro n’aura pas le dernier mot, mais le marketing oui…

Alors quid de cette usage qui va probablement se propager dans les années à venir sur l’ensemble du parc à vélo (on en voit en première monte déjà même si cela reste des freins à câbles…)

Perso je suis assez peu convaincu pour le moment… Sauf pour de rares exceptions. En 30 années de pratique  du vélo, je n’ai jamais eu à souffrir du frein classique sur jante; vous me direz avec mes 60kg max quelque soir la saison, les contraintes de freinage sont moindres que pour quelqu’un qui dépasse les 90kg. Et que dire de ce même freinage en descente de col… La jante peut chauffer à plus de 250 degrés et là… Gare à l’éclatement de pneu ou pire, à l’explosion de la jante carbone… Qui résiste moins bien à la surchauffe de ses flancs contrairement à l’alu.

Donc voici pour moi les avantages du disque :

  • un freinage qui ne requiert pas une grande force et dextérité dans le dosage; ça freine de manière continue quelques soient les conditions météos et ça freine fort en cas de freinage d’urgence!
  • c’est fiable et insensible à la corrosion (pour la partie liquide de frein)
  • cela permet l’usage des jantes carbones quelque soit la météo, fini les freinages de roues en carbone inexistant et dangereux sous la pluie! Et fini les boyaux qui se décollent ou les flancs de jante qui éclatent!

Les moins…

  • gaffe au blocage de roue en cas de freinage d’urgence, bien doser sans paniquer
  • les contraintes sur la fourche/cadre nécessitent des machines spécifiques à la conception (renforcées donc plus lourdes); pas l’idéal donc (sauf dans le haut de gamme) pour réaliser des vélos de grimpeur… Le surpoids sur les roues est important, un peu moindre sur le reste du chassis
  • la maintenance est compliquée (purge, changement des plaquettes…)
  • quid de la production des pièces détachées (plaquettes notamment) dans x années…
  • le système est plus exposé en cas de transport (un disque peut se voiler très rapidement… Il faut avoir une clé afin de dévoiler un disque ayant subi un choc par ex soi… )
  • en cas de freinage continue,  les plaquettes ont tendance à rester collées au disque et cela peut engendrer des frottements; mais les fabricants ont fait des progrès
  • le tout est très délicat à régler car les plaquettes passent à qques dizièmes de mm du disque; le moindre dé-réglage (démontage de roue par ex pour crevaison) nécessite un re-positionnement aux petits oignons assez agaçant si l’on n’est pas un grand technicien
  • fini les blocages rapides… Ici il faut visser les axes au cadre et à la fourche vues les contraintes de freinage qui s’appliquent sur les axes notamment sous peine d’arrachement de la roue, à l’arrière notamment
  • comment juger de l’état d’usure des plaques …? Non possible sans avoir à démonter complètement les plaquettes…
  • il n’y a pas de standards entre fabricants de vélo; 140, 160 mm pour les disques, idem avant/arrière ou plus grand à l’avant comme en moto? Des axes de roue de 9,10 passés à 12 voire 15mm de diamètre… La voiture neutre Mavic va devoir amener 50 roues sur sa galerie…! Le standard pro semble être 160 à l’avant et 140 à l’arrière…
  • les freins sont rarement carénés et soulève le problème de coupures en cas de chute (mais cela semble tenir de la légende urbaine) et de cx moindre mais là c’est vrai a priori que pour les pros ou chaque seconde (voire moins) compte (en vent latéral c’est encore pire!)
  • le système prend beaucoup de place et y gagnerait être miniaturisé…?!! De plus les disques sont exposés aux chocs et en voyage sauf à avoir l’outil spécifique pour réparer un disque voilé, cela peut ruiner un frein…

Donc pour résumer, pour la route, je ne vois guère d’avantages sauf pour les gros gabarits et les freinages sous la pluie dans les cols par ex.

L’étape 2 pour moi, c’est le test sur mon prochain vélo de Gravel que je suis en train de monter; la grosse tendance venue une fois encore des Etats-Unis; une pratique route et sous-bois qui à mon avis justifie plus l’emploi de freins à disque surtout sur des parcours à fort dénivelé et gras… Donc dans des conditions proches du X-country en VTT…!

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